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Réflexions sur le confinement

Mis à jour : il y a 5 jours


Une interview de Karine Guichard directrice du Centre de Gestion du Stress de Champagne


En quoi consiste votre métier ?

Je suis sophrologue. La sophrologie est un ensemble de techniques issues de divers courants (hypnose, zen…) utilisant la relaxation, la respiration, la visualisation pour amener une détente et une harmonisation du corps autant que du mental. Elle peut se pratiquer dès 3 ans en utilisant la sophrologie par le jeu. Elle permet d’activer toutes ses ressources intérieures afin de développer tout son potentiel.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Karine Guichard sophrologue à Chaumont et Langres depuis 5 ans après avoir exercé pendant une vingtaine d’années en qualité d’infirmière et cadre de santé dans divers services de soins allant de la réanimation à l’oncologie et aux soins palliatifs.. Mon titre est reconnu par l’état et je suis également spécialiste des psychotraumatismes suite à l’obtention d’un DU de psychotraumatologie. J’exerce en individuel chez les enfants, ados et adultes mais également en entreprises et établissements scolaires. Je suis également une des premières sophrologues sapeur-pompier de France.


Vous êtes également concernées par le confinement....

...et c'est dommage car vous pourriez aider beaucoup de personnes que vous suivez ?

Les directives du gouvernement sont indispensables, je vous le dis avec conviction. Les gens ne se rendent pas compte que cet ennemi est invisible mais potentiellement mortel, tout comme il est difficile pour certaines personnes de prendre en compte une personne avec un handicap non visible mais bien réel. Je reste en contact avec mes patients, ils peuvent suivre mes vidéos et exercices sur les réseaux sociaux. Nous pouvons faire des séances à distance, nous ne sommes pas réellement coupés du monde, c’est ce que nous offre notre formidable technologie.


A titre personnel, comment vivez-vous ce confinement?

Je me conforme aux directives indispensables et indiscutables, je vous le dis avec d’autant plus de sérieux avec mon expérience de soignante. Ce confinement est également une façon de pouvoir travailler sur de nouveaux projets, de nouvelles idées. Je suis très active sur les réseaux sociaux et j’ai à cœur de proposer des petits exercices et conseils notamment pour les élèves qui vont passer le bac et le brevet et qui, je le sais, sont très stressé par l’incertitude de ces prochaines semaines.

En tant qu’ancienne infirmière vous avez proposé votre aide gratuitement à vos collègues... c'est votre moyen de vous impliquer ?

Quand on a choisi un jour d’être soignant, on le reste dans l’âme même si on n’exerce plus. J’ai été actrice et spectatrice depuis des années de leurs difficultés au quotidien. Prendre soin c’est difficile, on y laisse forcément un peu de soi. Quand on est sous tension comme peuvent l’être les soignants déjà épuisés, tout ce qui peut être fait pour aider, ajouter un peu de baume au cœur et à l’âme est utile. Proposer un peu de relation d’aide et de sophrologie gratuitement, c’est la moindre des choses que je puisse faire.


Que peut-on faire pour surmonter cette période ?

Cette période ne doit pas forcément être vue comme une période maudite. C’est peut-être une belle opportunité pour se recentrer sur soi, ralentir son rythme, profiter de ses enfants, prendre du temps pour soi. Nous n’avons pas le choix, nous devons nous conformer à ce confinement, autant le prendre avec philosophie, nous qui râlons sans cesse de ne pas avoir le temps de rien…

Quel conseil donneriez vous pour parler aux enfants de cette situation ?

Il est primordial de ne rien cacher aux enfants même tous petits. Un enfant sent que vous lui mentez ou que vous ne lui dites pas la vérité. On peut tout dire aux enfants, il faut juste utiliser le bon vocabulaire. A un enfant tout petit, il n’est pas nécessaire d’utiliser des mots compliqués mais il faut rassurer notamment sur le fait qu’ils ne vont pas mourir. A un enfant plus grand, on peut faire des recherches sur le virus pour lui expliquer plus précisément. Toujours rester calme, ne pas paniquer, utiliser des mots simples et rassurer.

Cette période peut-elle avoir des effets positifs?Lesquels ?

Je pense que cette période va marquer profondément les gens, nous ne serons plus les mêmes après cette épreuve. Cette période nous replace face à notre vulnérabilité et à notre mortalité et de ce fait, nous permet de nous reconnecter à l’essentiel. Cette période va nous aider à élaguer les choses inutiles, à apprécier les choses essentielles de la vie. Je l’ai souvent vu avec des patients atteints de grave maladie. Une fois guéris, ils changent des choses de leur vie ou de leur personnalité. Cette période nous permet un changement profond sur notre façon de fonctionner, de vivre, nous le voyons avec ce formidable élan de générosité et d’entraide.

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